Photographie / Sylvie Chaudoreille

03 Oct au 01 Nov
Horaires d'ouverture

 

« Printemps – Eté – Automne – Hiver »

 

J’aime à photographier les lignes de passages, la frontière, la porte d’accès vers autre chose, les changements de matières à l’heure des lueurs discrètes, l’atmosphère du sans-mouvement. C’est par cette attention à la fois précise et ouverte sur la richesse du vivant que je m’essaie à embrasser le vaste pour accéder à son détail, de m’ouvrir à chaque petit contour pour que l’étendue soit mieux soulignée. Ce qui balbutie et frémit autour de mon lieu de vie,  je tente de le cueillir avec des images ou des mots, pour essayer de dire cette œuvre de vie qui chaque instant commence, commence, commence…

Mes cadrages sont autant de portraits qui ne cherchent pas le figé ou le parfait dans cette pulsation toujours mouvante,  mais aiment à  dévoiler le vivant tel qu’il se donne, qu’il m’apparaît : brut, mouvant, sans détour, généreux, fugace, secret, fragile ou abrupt.

C’est la somme des fragilités de ce monde qui en fait sa plus grande force, toutes ces petites membranes du vivant mises côte à côte, qui tremblent et vibrent, tous ces échos subtils venus du cœur des pierres, ressurgis dans la mémoire de l’eau, présentes à la lisière des feuilles, sous l’écume des vagues, ou sous les ailes du petit peuple des  herbiers.

Parce que chaque goutte de présent enlace, reflète, et contient toute l’éternité, c’est là où je tente de me tenir, dans un essai d’écoute profonde de ce qui est là, en équilibre sur ce mince fil du temps. De cette posture d’être au monde, de par cette présence contemplative, je fais cette expérience de poser un regard sur la richesse du vivant qui nous entoure et nous contient.

 

Née le jour où l’homme a marché sur la lune, j’ai dû garder de ce moment, une part de rêve, et une autre de liberté. Entre terre et errance, entre patience et contemplation, je promène mon objectif, et quelquefois, j’appuie sur le déclic.  S.C

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